Mort dans l’eau

Le Bassin du Diable : Babinda, Queensland du Nord

Au cœur de la forêt tropicale luxuriante de Babinda, près de Cairns dans le Queensland du Nord, se cache un bassin d’eau cristalline d’apparence trompeusement paisible. Ses eaux fraîches semblent inviter à la baignade, mais les visiteurs feraient mieux de résister à cette tentation mortelle. Ce lieu, connu sous le nom de Bassin du Diable, a coûté la vie à 21 personnes au cours des 60 dernières années – principalement des hommes jeunes et blancs.

Selon la légende aborigène du Temps du Rêve, cette tragique réputation trouve ses origines dans une histoire d’amour interdite. Oolana, une jeune femme de la tribu Yidinji promise à un ancien du nom de Waroonoo, tomba éperdument amoureuse d’un guerrier d’une tribu voisine, Dyga. Fuyant la colère des anciens, les amants furent rapidement rattrapés. Plutôt que d’affronter le châtiment, Oolana se jeta dans les eaux calmes du ruisseau, appelant Dyga à la rejoindre.

Dès que le jeune homme toucha l’eau, le paisible cours d’eau se transforma en un torrent tumultueux. Oolana disparut parmi les énormes rochers submergés dans une section aujourd’hui surnommée « la machine à laver ». Depuis ce jour fatidique, l’esprit d’Oolana hanterait les lieux, attirant les jeunes hommes vers une mort certaine, à la manière des sirènes de la mythologie maritime.

L’Épave Maudite de l’Alkimos

À 56 kilomètres au nord de Perth, sur la plage de Yanchep en Australie-Occidentale, les restes rouillés de l’Alkimos émergent des récifs rocheux. Cette épave n’est pas seulement un vestige maritime ordinaire – elle porte la réputation d’être l’un des navires les plus maudits de l’histoire australienne.

Construite en 1943 sous le nom de George M. Shriver, cette Liberty Ship américaine connut immédiatement des difficultés. Sa construction prit six semaines au lieu des dix jours habituels, premier signe d’une malédiction qui la poursuivrait jusqu’à sa perte finale. Rebaptisée Viggo Hansteen puis Alkimos – violant à chaque fois la superstition maritime interdisant de changer le nom d’un navire – elle accumula les incidents tragiques.

Le 14 août 1944, l’opératrice radio canadienne Maude Elizabeth Steane, 28 ans, fut abattue par l’artilleur norvégien du navire qui retourna ensuite l’arme contre lui. Dès lors, les rumeurs de malédiction se répandirent. Les pannes mécaniques inexpliquées se multiplièrent, le taux de rotation de l’équipage atteignit près de 100%, et de nombreux marins rapportèrent des phénomènes paranormaux à bord.

En 1963, après une collision avec un récif près de Geraldton, l’Alkimos fut remorquée vers Fremantle pour réparations. Mais le destin s’acharna : la ligne de remorquage se rompit dans une tempête, et le navire s’échoua définitivement sur les récifs d’Eglington, où il repose encore aujourd’hui.

Témoignages Troublants

Les témoignages paranormaux se multiplièrent après l’échouage. Les gardiens successifs rapportaient la présence d’une silhouette massive en ciré – surnommée « Henry » – arpentant les ponts. Wayne Morgan, le premier gardien, fut hospitalisé après avoir passé des nuits terrifiantes à bord, témoin de portes s’ouvrant et se fermant sans intervention humaine.

Jack Sue, plongeur réputé de Perth, documenta ses expériences dans un livre intitulé « The Ghost of the Alkimos ». Sceptique au départ, il fut converti après une nuit épouvantable à bord avec une équipe de télévision. Il rapporte avoir entendu des éternuements et des pas dans des zones vides, et avoir vu une silhouette traverser une cloison d’acier. Le lendemain, Sue s’effondra et fut hospitalisé pendant près d’un an avec une maladie que les médecins ne parvinrent jamais à diagnostiquer.

Malédictions ou Coïncidences ?

Ces deux sites australiens soulèvent des questions fondamentales sur la nature des malédictions. S’agit-il d’accumulations d’énergie négative laissées par des événements traumatiques successifs, comme le suggère l’hypothèse de la mémoire des lieux ? Ou ne sont-ce que de tragiques coïncidences amplifiées par les croyances populaires ?

Une chose demeure certaine : le Bassin du Diable et l’Alkimos continuent de fasciner et d’effrayer. Les panneaux d’interdiction de baignade à Babinda et les dysfonctionnements d’appareils photo près de l’

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